Jouer I GIORNI de Ludovico Einaudi au piano. Nous sommes au morceau 11 de MON TOUR DU PIANO EN 80 MORCEAUX : voyage au coeur de notre humanité.
Journal de bord, Jour 11 – Je suis au Long des jours… qui s’écoulent
Chasse le temps, il revient en sursaut.
Chaque jour est une perle sur un fil invisible.
Un sablier écoulé.
Puis similaire, mais nouveau
vient le suivant.
Douce Mélodie née d’une rencontre entre cultures,
inspirée par une ancienne chanson
du Mali, rappelant
la fragilité de la vie et la beauté de l’instant.
Comme un voyage
au coeur des temps.
Comme un voyage
au coeur des coeurs.
Aujourd’hui, je te joue I Giorni de Ludovico Einaudi.
La petite histoire de I Giorni de Ludovico Einaudi
Composé en 2001, I Giorni (qui signifie « Les Jours » en italien) est une pièce pour piano solo issue de l’album éponyme de Ludovico Einaudi. L’inspiration de cette œuvre provient d’un voyage que le compositeur a effectué en Afrique de l’Ouest. Là, il découvre une chanson folklorique du XIIᵉ siècle originaire du Mali. Cette chanson raconte l’histoire d’un chasseur ayant tué un hippopotame et le deuil qui s’ensuit dans le village. Touché par cette mélodie et son récit, Einaudi a composé I Giorni comme une lamentation, une réflexion musicale sur le cycle de la vie et la fugacité du temps.
Jouer I Giorni de Ludovico Einaudi au piano – Niveau de difficulté : 4/10
Jouer I Giorni de Ludivico Einaudi au piano est techniquement très accessible. Mais le morceau demande une grande sensibilité interprétative. La main gauche maintient un motif répétitif en arpèges, créant une base harmonique stable, tandis que la main droite développe une mélodie simple mais profondément expressive. La difficulté réside dans la capacité à maintenir une régularité dans le motif de la main gauche, ou plus précisément donner une impression de régularité, tout en insufflant de l’émotion et de la nuance à la mélodie.
Comparé à Primavera et Elegy for the Arctic, également interprétés lors de ce défi, I Giorni se distingue par sa structure épurée et sa mélodie introspective. Primavera évoquait le renouveau et l’énergie du printemps avec des motifs plus dynamiques. Elegy for the Arctic est une pièce engagée, reflétant la fragilité de l’environnement arctique à travers des harmonies poignantes. I Giorni, en revanche, invite à une méditation sur le temps qui passe, avec une simplicité qui touche directement l’âme.
Ecouter Primavera et Elegy for the Arctic
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L’ Astuce piano : Vivre et Habiter les silences
Dans l’interprétation de I Giorni, les silences jouent un rôle aussi crucial que les notes elles-mêmes. Ces moments de pause sont chargés de sens et permettent à l’auditeur soit de respirer, soit de rester en attente de la suite suivant les moments… dans tous les cas, leurs présences et la façon de les habiter, vont participer pleinement à l’émotion véhiculée.
Voici quelques conseils pour habiter ces silences :
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Écoute active : Lors des silences, reste pleinement présent. Pleinement engagé. Écoute la résonance des notes précédentes jusqu’au bout, que tu la laisse s’éteindre naturellement ou que tu la coupes volontairement.
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Suspendre le temps : N’hésite pas à allonger légèrement certains silences pour accentuer une émotion ou créer une attente. Cela doit rester subtil et au service de l’expression musicale. Mais l’image est de jouer parfois le silence comme si tu avais le souffle coupé. Tu crées ainsi, une attente, un suspens, une expectative, une interrogation.
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Respiration : Synchronise ta respiration avec les phrases musicales. De la même façon que les instrumentistes à vent ont besoin de prendront de l’ai entre les phrases. Les silences deviennent alors des moments de respiration, tant pour toi que pour l’auditoire.
En habitant les silences, tu donnes une profondeur supplémentaire à ton interprétation. Tu crées de l’espace, tu crées une tension musicale supplémentaire. Tu crées de l’intérêt pour ton auditeur.
🎶 Pour le plaisir : je te propose d’écoute un autre morceau de Einaudi Le Onde
Si I Giorni t’a touché, je t’invite à découvrir une autre œuvre emblématique de Ludovico Einaudi : Le Onde (Les Vagues). Composée en 1996, cette pièce est inspirée du roman The Waves de Virginia Woolf. Einaudi a été captivé par la structure complexe du livre, où les flux de conscience des personnages s’entrelacent, reflétant le mouvement perpétuel des vagues.
Pour apprécier pleinement cette pièce, voici une interprétation par Ludovico Einaudi lui-même :
Le Onde est une invitation à la contemplation, une immersion dans le flux continu de la vie, tout comme les vagues qui viennent et repartent sur le rivage.
En explorant ces œuvres, on réalise combien Einaudi maîtrise l’art de traduire les émotions humaines en musique, en utilisant des structures simples pour exprimer des sentiments profonds et universels.
Conclusion
Quand j’écoute la musique de Ludovico Einaudi, je suis toujours frappée par cette impression d’évidence dans la simplicité.
J’ai l’impression de voyager, mais pas uniquement dans l’espace…
J’ai l’impression de voyager au coeur de la psyché humaine.
De voyager au coeur de nos coeurs…











8 réflexions sur “11/80 Jouer I Giorni de Ludovico Einaudi au piano”
C’est vraiment l’un de mes morceaux préférés de Einaudi
Quelle découverte ! J’ai réécouté ton interprétation deux fois avant d’écrire ce commentaire. Ce qui me saisit le plus dans ce morceau ce sont les contrastes entre les moments lents, doux et minimalistes en terme de « quantités de notes », et les moments plus rapide, plus intenses et plus denses en note (heureusement, il n’y en a jamais trop !) qui arrivent comme des refrains. Merci Marilou !
Bonjour,
ça me semblait plus difficile qu’un niveau 4/10. Est ce que vous considérez que c’est comme un niveau 4ème année de piano? Je ne connaissais pas cette pièce d’Einaudi. J’ai beaucoup aimé l’interprétation.
Ce n’est pas trop difficile d’un point de vue technique. Il est long par contre. C’est là qu’il faut un peu d’endurance.
Merci pour ce voyage, j’ai beaucoup aimé les pensées poétiques que ton jeu a provoqué…
Merci chère Danielle.
Un risveglio tutto in dolcezza questa mattina con « un giorno » di viaggio
Che bello commento. Mi fa tanto piacere.